Voici la traduction d’un extrait d’interview, interview parue dans le numéro de juillet de DIY, un magazine culturel britannique. Dans cet extrait, nos quatre compères nous racontent leur première rencontre avec leur nouveau producteur, Brendan O’Brien, et les difficultés qui ont accompagné leur précédent opus.
Le rock est sans aucun doute toujours vivant. Il se porte bien et se trouve sur le pas de votre porte. Revoilà les Gaslight Anthem !
Depuis des années, des décennies, la musique s’est définie par rapport à ses racines. Que ce soit le blues de Louisiane ou la scène punk de Los Angeles. Que ce soit Manchester, capitale du Baggy [N.d.l.T.: pas le pantalon, le genre musical de la fin des années 80 au Royaume-Uni, dont faisaient partie, entre autres, les Stone Roses] ou Seattle, berceau du grunge. Il y a quelque chose d’inexplicable dans l’influence qu’ont ces lieux sur la musique. Une fois de plus, le New Jersey possède quelque chose de spécial.
Que soit avec Springsteen ou les Misfits, Bon Jovi ou les Bouncing Souls, le rock est toujours vivant, en bonne santé et à proximité dans le Garden State. Les Gaslight Anthem font partie des groupes les plus revigorants du moment. Issu de la scène de New Brunswick au milieu des années 2000, le quartet punk, composé de Brian Fallon, Alex Rosamilia, Benny Horowitz et Alex Levine, a gagné en puissance.
Leur premier album, « Sink or Swim » (paru en 2007), les a fait sortir de l’anonymat. Au travers de leur musique passionnée, nous les retrouvons cinq ans plus tard, alors qu’ils sont sur le point de sortir leur quatrième album. « La plupart des gens pense qu’il s’agit du troisième. C’est bizarre, non ? » remarque Fallon, sa bouche s’étirant en un large sourire. « Mais c’est pas grave. »
Pour l’enregistrement de ce disque, les choses ont changé du tout au tout. Ayant récemment signé leur premier contrat avec une major, le groupe s’est essayé à de nouvelles approches. « On a essayé d’expérimenter, déclare Fallon. Que ferions-nous si c’était notre premier disque ? Tout était nouveau. Nouveau producteur, nouveau label, nouveau style d’écriture. Tout est parti de là. Plus aucune règle. »
Avec toutes ces nouvelles perspectives, vint la question du studio. Ayant auparavant travaillé avec Ted Hutt à New York et à Los Angeles, il était temps pour le groupe d’aller voir ailleurs : Nashville, Tennesee. « À New York, l’enregistrement de notre dernier album ["American Slang"] a été compliqué, devoir revenir chez soi tous les jours, explique Levine. On était pas impliqué à 100% avec tous ces allers-retours. À Nashville… Là-bas, le rythme y est totalement différent. »
Et quid de leur nouveau producteur dont ils parlent avec tant d’admiration ? Son nom seul impose son homme. Ayant produit un peu tout le monde, de Bruce Springsteen à Neil Young, en passant par Rage Against The Machine et Bob Dylan, travailler avec Brendan O’Brien tient de l’irréel. « Je veux dire qu’après avoir fait connaissance, il a mis en avant le fait que … » commence Rosamilia avant de se tourner vers Brian. « Qu’est-ce-qu’il a dit déjà quand il t’a appelé un jour ? »
« Il m’a appelé à huit heures du matin parce que la chanson qu’on avait fait la veille lui plaisait vachement. On avait fini de concevoir la chanson dans ses grandes lignes, alors il m’a appelé à huit heures du matin, ce qui n’est pas vraiment une heure conseillée pour me joindre, ajoute-t-il en riant. Et il m’a dit : »Brian Fallon ? » Et moi de répondre : « Oui ? » Et lui : « C’est Brendan O’Brien, celui qui gagne des Grammy Awards. »
Rosamilia renchérit : « Mais la première fois qu’on s’est rencontré, je ne pouvais pas m’empêcher de le voir comme un type normal. Il a pas le melon du tout. C’est vraiment un type cool avec une grande ouverture d’esprit. »
« C’était super simple, nous assure Fallon. On pourrait penser que, bon, on a produit ce disque sur un gros label dans un grand studio d’enregistrement, mais en fait, on dirait plus nous quatre en train de jammer. Si on faisait une erreur, on pouvait tout simplement revenir en arrière et réparer, mais il arrive qu’on ne le puisse pas. Parfois, on abandonnait la partie. »
« Le truc cool avec ces sessions d’enregistrement, renchérit Horowitz. C’est qu’on ne cherchait pas à ce que la prise ou la chanson soit parfaite. Ce qui nous intéressait, c’était plus le sentiment qui en ressortirait. »